mai, 2007

Le diable s’habillait en Louis Féraud

Bonjour les gens !
Je m’appelle Françoise L., je suis Pédégaire d’une société reconnue.
Fût un temps, dans une autre vie, je fût le premier employeur d’une petite conne, répondant au nom niaiseux de Violette.

Je dois avouer qu’elle m’a déçue cette ingrate.
Je lui avais donné la chance extraordinaire de travailler dans un environnement dur, tyrannique et ubuesque.
J’avais décidé de la casser, comme toutes ces petites putes, qui allaient pleurnicher dans les toilettes, dès que je leur donnais un ordre.
Mais elle n’a pas voulu plier, ni apprendre par coeur l’excellent règlement intérieur de 46 pages, rédigé par sa Seigneurie, dans lequel j’avais édicté des règles pour le moins usuelles dans n’importe quelle société qui se respecte, voyez plutôt s’il y a matière à faire sa chochotte :

L’employé ne devra, sous aucun prétexte, adresser la parole directement à Françoise L.
En cas d’urgence et exceptionnellement, il pourra lui rédiger une note fournie expliquant sa demande et la déposer dans la bannière de Françoise L.
Chaque employé est à la disposition de l’entreprise, ceci ouikaines et jours fériés compris (ps : je les ai même fait bosser un 24 décembre toute la soirée, j’en ris encore de ma bonne blague).
Il pourra également être demandé à l’employé d’écourter ses vacances, si l’urgence d’un dossier le nécessite.
L’employé ne devra, en aucun cas tenir des propos négatifs envers Françoise L., même dans la sphère de la vie privée, sous peine d’une exclusion immédiate.
Le nombre de congés payés sera octroyé au mérite. Françoise L. décidera au cas par cas, à la fin d’une année pleine (sans congés) au sein de la société.
L’employé devra être vêtu d’une manière correcte et élégante. Le pantalon est strictement banni pour les personnes du sexe féminin.

Bon, je ne vous ennuie pas plus longtemps ; il y a quand même 46 pages, mais avouez que tout cela est d’une banalité affligeante, non ?

Dans les faits, c’est vrai que je suis un peu dure, mais c’est pour le bien de ces chers enfants.
Je ne peux pas me permettre de faire de sentiments, je suis une Pédégaire ultra reconnue dans le milieu, il en va de ma crédibilité.
Je n’ai jamais compris pourquoi on m’avait intenté tant de procès, notamment aux Prudhommes, tenez, par exemple :

Une employée m’a demandé un jour, par écrit bien sûr, si elle pouvait ouvrir la fenêtre car l’odeur de mes cigarillos l’indisposait vu qu’elle s’était faite engrossée cette petite conne, 6 mois auparavant. Je n’ai pas répondu à sa note, l’ayant pulvérisée avec rage de ma main décharnée et je l’ai virée sur le champ quand elle a eu l’indécence d’ouvrir la fenêtre de son propre chef, une semaine plus tard.

Un autre jour, j’ai demandé à ma secrétaire (enceinte elle aussi, quelle calamité ces oies blanches !) de prendre l’énorme arrosoir et d’aller abreuver toute les plantes trônant au sein de ma vénérable société. Elle m’a répondu de vive voix que l’arrosoir était trop lourd, que ce n’était pas possible vu qu’elle rentrait dans son 8ème mois de grossesse, bla bla.
Elle est donc passée à la comptabilité une heure plus tard.

Un matin où je devais me rendre à un rendez vous bizness très important, je n’ai pas pu sortir mon véhicule de ma place de parking (où j’ai fait inscrire en lettres d’or F.L. pour ne pas avoir de problèmes).

En effet un coupé BMW (très beau ma foi, et surtout très neuf) me barrait malencontreusement la route. De rage et ne pouvant supporter qu’un élément extérieur puisse me résister, j’ai embouti tout le côté droit du véhicule susnommé et j’ai donc pris un taxi.

Plus tard dans la journée, quand le propriétaire du coupé BMW s’est posté devant mon bureau, agressif, me demandant si c’était moi qui avait défoncé sa voiture plus tôt, dans la matinée, j’ai accepté de lever les yeux d’un air méprisant et je lui ai rétorqué « on ne parle pas à Françoise L. Si on a quelque chose de la plus haute importance à lui communiquer, on rédige une note et on la met dans son casier ! »

Voyez, je ne comprendrai jamais les humains.
Alors quand cette petite conne de Violette a refusé, au bout d’un mois, d’apprendre par cœur mon règlement intérieur en vue d’une interrogation écrite et qu’elle me l’a fait savoir par une note accompagnée de sa lettre de démission, j’ai vu rouge.

Par contre, je ne saurai jamais qui, à cette époque, me téléphonait en pleine nuit, pour me demander « Bonsoir Françoise, je te réveille ? Es-tu habillée en bleu ? »
Complètement dans le coltard, je répondais « heu… non » (vu que je ne porte que des nuisettes Fifi Chachnil de couleur rose)

Et là, la voix me répondait invariablement « Ben t’es virée quand même ! »
Ça a duré 3 mois ce cirque !

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Le truc chic et pas (très) cher – 5

Je te gâte puisque aujourd’hui, le truc est même gratos. Il te suffit de lire ma prose.

J’ai envie de t’aider à utiliser les bons mots aux bons moments dans les dîners en ville, à éviter les pièges, à devenir une « early adopter » au niveau du langage, à faire partie de ceux qui en sont. Oui je suis très gentille de t’offrir ce précieux cadeau.

Les mots que tu dois absolument utiliser si tu veux « en être » :

über
Evidemment tu sais que c’est The Word to say en ce moment, d’ailleurs j’ai remarqué que tu l’utilises de plus en plus dans ton quotidien, ce qui est une bonne chose.
Pour être encore plus über (= uberer, concept anglicisé d’un mot allemand, donné par une lectrice qui a saisi toutes les nuances et qui a atteint le sommet de l’überitude). (Merci Fressine), oui donc, une pointe d’explication ne te fera pas de mal si tu veux maîtriser à 200% l’usage de ce mot.

Comme tu t’en doutes, über est un préfixe utilisé dans la langue allemande qui veut dire « super ». Si tu préfères c’est la même choses que « over » en Anglais ou « stra » en Italien (merci gab), sauf que c’est plus rigolo, car encore un peu underground.
Pour la petite histoire et parce que je possède de solides références, tu me connais, dans l’épisode 5 de la saison 1 de Friends, Ross change sa vieille marque de lessive habituelle pour la lessive « Überweiß » et là il surkiffe cette trouvaille en s’exclamant « It’s new, it’s German, it’s extra-tough »

Illustration en soirée :
Si c’est plutôt Friendly potache, tu peux user et abuser du jeu de mots :
über demi sel, über de cacahouète, über de Montmirail (merci solenne), etc… Tu peux même faire un jeu en fin de soirée quand vous êtes tous raides bourrés !
Si c’est plutôt Soirée chic People, tu peux dire « Je suis überluée, il n’y avait plus de glace parfum violette chez überthillon, j’ai donc fini la soirée à überkampf, je suis über épuisée mes chéris (merci solenne + space)  »

hipness*
Désormais, tu ne diras plus « hype », c’est over has been, mais tu useras et abuseras de la hipness. Si tu es complètement fluent in English, tu sais que ce mot a une double signification. Non content de se satisfaire de remplacer l’ex-hype, il désigne aussi la hanche.

Illustration classique en soirée :
« Hier soir, je me suis enivrée au Ruinart avec Kate, au Mathis bar, si c’est pas la Hipness absolue ! »

Illustration version « fluent » en soirée :
Bon là c’est chaud, parce que pas évident à réaliser, mais si tu y arrives un jour, tu pourras dire que tu as fait un « double hipness » (l’équivalent du triple salto arrière en patinage artistique, donc tu vois l’extrême difficulté du concept)
Imagine juste que tu t’es fracturée la hanche en glissant sur une flaque d’eau avec tes derniers stilettos Louboutin, tu es plâtrée et tu arrives dans une über soirée.
Et là, tu arrives et tu sors, tout simplement « Wouaaaa c’est trop bien ici, si c’est pas de la hipness absolue (hihihi) ! »
Donc, là, oui, tu peux dire que tu as fait un double hipness, ce qui te fera rentrer dans le cercle très fermé et très con du microcosme Parisien.
(* merci à Sophie Fontanel)

Supaire
Le « Super » classique, évidemment, tu oublies, tu n’as plus 8 ans, et si ce mot débarque juste dans ton bled de Province, tu te gausses devant tous ces beaufs qui l’utilisent dans vos soirées tuning.
Non, la seule chose tolérée, c’est à l’écrit où, là, tu noteras « supaire ».
Je reconnais que c’est chaud de l’utiliser en soirée, mais regarde, ce n’est pas impossible.

Illustration en soirée :
Imagine que, lors d’un dîner, un des convives te fasse passer un petit billet sous la table genre « Tu me rejoins à l’hôtel Amour vers 2h du mat’ ? » et là, discrètement pour ne pas que ton conjoint s’en aperçoive, tu écris « supaire » sur le billet que tu lui refais passer tout aussi discrètement !

Topy
Bon là, je reconnais que ce mot n’a pour l’instant été référencé nulle part, puisqu’il sort directement de l’esprit torturé de l’auteur.
A la base, il est né d’une conversation fascinante avec une amie du genre où on se demande ce qu’on va porter pour une soirée où qu’il faut en être et j’ai dit un truc du style « je vais mettre un jean et genre un petit topy en haut »
Un homme participant à la conversation nous demande « c’est quoi un topy ? ». On lui a donc expliqué que c’est un petit top ; il a alors judicieusement remarqué qu’un top était déjà petit à la base, non ?
Bien emmerdée, j’ai dit « oui, c’est vrai, mais c’est pour deubeule angliciser le mot, ça fait plus classe ! »
Évidemment, tu peux également utiliser ce mot pour remplacer le ringard « c’est top », dans une discussion fillasse.

Illustration en Soirée :
 » Waaaaa les filles, c’est topy topy (si tu doubles le topy, ça fait encore plus pétasse, donc c’est bien), j’ai réussi à customiser ma page myspace avec un wallpaper Hello Kitty ! »

Un petit truc que je te donne, allez c’est cadeau : si tu utilises le « topy topy » dans la semaine, avec tes amis, au bureau ou avenue Montaigne, je pense qu’on pourra dire que tu es carrément « early adopter » et je suis, d’avance, super fière de toi !

Conclusion : Maintenant que je t’ai filé la théorie, on va passer aux TP, et tu vas me faire une phrase pour que je vérifie que tu as tout bien assimilé et que donc, tu ne me feras plus honte en soirée !

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Where is this fuc**** Brian ?

Je m’attaque aujourd’hui à une montagne, que dis-je un volcan, une légende de nos récrés de quand on était en 6ème.Parce que putain, where is Brian quoi ?

Non parce que, à force d’être depuis un demi siècle « in the kitchen », le mec si il a pas plus d’étoiles que Ducasse et Hélène Darroze réunis c’est qu’il a vraiment un problème !
Le Brian, là, s’il maîtrise pas le Magret de canard frotté aux épices, c’est que vraiment il a 2 de QI et qu’il s’est vachement trompé dans son orientation scolaire ; à sa place je ferais un procès de malade à mes parents !

Est-ce à dire que nous avons eu pour référence, depuis des années, un débile profond ?
Brian est Anglais, je vous l’accorde, mais soyons magnanimes, c’est pas toujours une excuse !
Elle est belle l’Education Nationale hein ?Ou alors, tout ça est une vaste fumisterie

J’avoue ça me laisse perplexe depuis des années, cette histoire… Attends, moi quand Mme Claudert me demandait à 11 ans, « Violette, can you tell me where is Brian ? », ben comme à l’époque j’étais plutôt sage et adepte de la pensée unique, je répondais comme une niaise à Mme Claudert « Ben…euh… in the kitchen hein ? C’est ça ? », comme vous quoi, normal.
Sauf que, depuis, j’ai quand même trouvé quelques pistes qui tendent à montrer que depuis la 6ème B, on nous prend quand même méchamment pour des cons !

Rebellons-nous, il n’est pas trop tard ! Brian n’est pas (toujours) in the kitchen, voyez plutôt :

Brian DE PALMA
Lui désolé il est plutôt « in Holywood boulevard », donc quasi intouchable, enfin je dis ça, je dis rien, il s’est quand même tapé Ellie Medeiros, donc quand même open le Brian !

Brian FERRY
Il l’avoue lui-même, il est « slave to love » c’est à dire, si on sait lire entre les lignes, parce qu’on est intelligents, il aime bien le sexe un peu spécial si tu vois ce que je veux dire, il aime les soirées un peu coquines comment te dire, c’est plutôt au 2+2 ou aux Chandelles que tu trouveras ce coquinou de Brian !

Brian MOLKO
Bon lui c’est spécial, tu peux le trouver dans pleins d’endroits différents, enfin des cliniques privées qui traitent toutes sortes d’addictions et éventuellement, sachant qu’il est ingérable tu peux peut être le trouver traînant dans la cuisine, mais je crois pas qu’il y passe sa vie non plus…
Brian WILSON
Si, si, c’était un des membres du groupe The Beach Boys, ceux qui chantaient « all the leaves are brown (all the leaves are brown) and the sky is grey (and the sky is grey) » et là c’est clair que lui ne sera pas non plus in the kitchen, mais plutôt à Oahu, Pipeline ou carrément à Lacanau, si vraiment le mec est ruiné.

Brian
Ouais, Brian tout court. Celui qui, dans la mythologie celtique Irlandaise, serait le petit-fils d’Ogma, le Dieu de la magie
Là c’est carrément l’hallu j’ai envie de te dire on est en pleine Gérardmajaxerie Houdinesque (gougeulise lecteur si tu comprends rien c’est pas une honte, on peut pas toujours avoir les mêmes références) et là j’ai carrément envie d’envisager le fait que Brian c’est le pote de Patrick Sébastien (qui, grand partouzeur devant l’éternel doit également fréquenter le Brian N°2 dans les parties fines de la Capitale, voire des endroits plus glauques mais je ne veux pas trahir mes sources) et que, donc tu le trouveras dans le plus grand cabaret, sur France 2, le samedi soir.

Je te fais pas Brian du Boys Band « Alliage », je le laisse reposer en paix, faut pas déconner avec les Légendes !

Bon, CQFD, non ?
Moi je peux te dire que le « Imagine you’re English » je vais me faire un plaisir de te le déchirer page par page et de les faire bouffer à Xavier Darcos, ça va pas mettre longtemps !
C’est dément de tromper les jeunes cons qu’on était pendant si longtemps, non ?

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