HUMEURS

Arrêter de fumer avec la cigarette électronique

J’ai arrêté de fumer le 30 octobre dernier, il y a un peu plus de 3 mois. Je ne pensais jamais pouvoir écrire cette phrase un jour. Comme beaucoup de gens, j’ai une béquille : la cigarette électronique. C’est compliqué de se séparer de sa meilleure ennemie après 30 ans passés ensemble. Les moments de joie, de fête, de tristesse, les parties de cartes jusqu’au bout de la nuit, les clopes secrètes de l’adolescence, toute une vie.

Je n’ai jamais eu vraiment envie d’arrêter de fumer, d’ailleurs je n’avais jamais réellement essayé. J’aimais ça.
Il y a eu un déclic, couplé à la volonté. Je passais la soirée chez une amie à Paris, je dormais chez elle, j’ai sorti de mon sac mon tee-shirt de nuit (celui avec Snoopy délavé par les années). Une odeur de clope froide dégueulasse m’a donné un grand sentiment de honte. Et de dégoût.

Dans un univers feutré et non fumeur (mon amie a arrêté il y a deux ans grâce à la cigarette électronique), mon addiction m’a sauté au visage. J’ai pensé, plus fort que d’habitude : il fallait que ça s’arrête.
Le lendemain matin, alors qu’on discutait devant nos cafés, elle m’a dit, d’un air inquiet, tu as vraiment la voix très éraillée, fais gaffe quand même. J’ai répondu que je savais.

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Ce tout petit supplément d’âme

Je repensais l’autre fois aux débuts de ce blog, et de la blogosphère féminine d’une façon générale. Ils avaient ce goût d’excitation et de fébrilité indescriptibles. Ceux qu’on retrouve toujours lors de nouvelles aventures, qu’elles soient amoureuses ou professionnelles. On dit que la génération X – à laquelle j’appartiens – est la plus nostalgique, mais ça va au-delà de ça je crois. Nous étions libres.

Ça frémissait tout juste, il y avait tout à faire, on ne savait même pas où on allait d’ailleurs, toutes les filles avaient des trucs à raconter. Des petits morceaux de vie qui laissaient tout le monde de bonne humeur. C’était un joyeux bordel, en roue libre, personne n’avait peur de dire qu’un pull de chez X était merdique. Ni que dans tel resto, on était accueillis comme des moins que rien. Encore moins de poster une photo floue et aléatoire dans un hall d’immeuble. Voire même de s’engueuler vertement avec une autre blogueuse. C’était comme dans la vraie vie. Plus ou moins.

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Apatride

Ça fait presque un an que j’ai pris la décision de plus ou moins vivre en campanule normande. J’écris « plus ou moins », mais j’aurais pu dire « à peu près » ou « en gros ». Je continue de venir régulièrement dans la capitale, deux jours par semaine en moyenne.

Je ne vais pas à l’hôtel ou chez des amis, ce qui me permettrait de faire la culbute mentalement ; du coup j’ai souvent l’impression d’avoir le cul entre deux chaises. D’habiter partout et nulle part en même temps. Comme si je n’arrivais pas à quitter tout à fait mon Paris. Celui où j’ai construit ma vie d’adulte.
Mais, quand même, je sens un frémissement de plus en plus important. Je m’éloigne peu à peu de la capitale, comme si je tenais très fort la main de quelqu’un pour ne pas tomber et que chacun de mes doigts se desserrait un peu plus chaque jour (si ça se trouve je vais tomber du 8ème étage ?)(ça va être joli en bas, toute écrabouillée sous mes K-Jacques…).

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