ETUDES SOCIOLOGIQUES

Ce tout petit supplément d’âme

Je repensais l’autre fois aux débuts de ce blog, et de la blogosphère féminine d’une façon générale. Ils avaient ce goût d’excitation et de fébrilité indescriptibles. Ceux qu’on retrouve toujours lors de nouvelles aventures, qu’elles soient amoureuses ou professionnelles. On dit que la génération X – à laquelle j’appartiens – est la plus nostalgique, mais ça va au-delà de ça je crois. Nous étions libres.

Ça frémissait tout juste, il y avait tout à faire, on ne savait même pas où on allait d’ailleurs, toutes les filles avaient des trucs à raconter. Des petits morceaux de vie qui laissaient tout le monde de bonne humeur. C’était un joyeux bordel, en roue libre, personne n’avait peur de dire qu’un pull de chez X était merdique. Ni que dans tel resto, on était accueillis comme des moins que rien. Encore moins de poster une photo floue et aléatoire dans un hall d’immeuble. Voire même de s’engueuler vertement avec une autre blogueuse. C’était comme dans la vraie vie. Plus ou moins.

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Apatride

Ça fait presque un an que j’ai pris la décision de plus ou moins vivre en campanule normande. J’écris « plus ou moins », mais j’aurais pu dire « à peu près » ou « en gros ». Je continue de venir régulièrement dans la capitale, deux jours par semaine en moyenne.

Je ne vais pas à l’hôtel ou chez des amis, ce qui me permettrait de faire la culbute mentalement ; du coup j’ai souvent l’impression d’avoir le cul entre deux chaises. D’habiter partout et nulle part en même temps. Comme si je n’arrivais pas à quitter tout à fait mon Paris. Celui où j’ai construit ma vie d’adulte.
Mais, quand même, je sens un frémissement de plus en plus important. Je m’éloigne peu à peu de la capitale, comme si je tenais très fort la main de quelqu’un pour ne pas tomber et que chacun de mes doigts se desserrait un peu plus chaque jour (si ça se trouve je vais tomber du 8ème étage ?)(ça va être joli en bas, toute écrabouillée sous mes K-Jacques…).

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Res Publica

Vous avez sûrement remarqué depuis le temps – et oui dix ans, vous êtes vielles, désolée -, je ne parle jamais ici de sujets de société un peu touchy ou de politique, c’est une sorte de ligne de conduite que je me suis fixée il y a une décennie (putain, mais vous êtes VRAIMENT vieilles).
Déjà parce que je pense que je n’ai pas vraiment de légitimité en la matière, mais vous me direz que des gonzesses comme Cotillard l’ouvrent bien alors qu’on ne leur a rien demandé. Pas faux.
Il y a aussi, surtout, que j’ai toujours voulu donner quelques minutes de frivolité à nos/vos vies déjà compliquées plutôt que d’engager des débats un peu plombants. C’est mon postulat, je ne compte pas changer PAS DE PANIQUE LES CAGOLES !

Enfin, je déteste les conflits que je fuis toujours comme la peste avec une certaine lâcheté, j’avoue. Et on sait bien que, quand on part sur le terrain politique, ça finit rarement en hug collectif, même avec les copains. C’est d’ailleurs fou que ce sujet entraîne autant de passion ; comme si le candidat qu’on soutenait était devenu notre frère, notre père ou notre mari… alors que bon, tu imagines le dîner de Noël avec Dupont-Aignan (moi non) ?

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