septembre, 2007

Comment avouer à une amie qu’elle a un look d’hôtesse au sol de la Pan Am…ou bien comment lui apprendre la langue de Zadig et Voltaire*

Le 6 septembre (249è jour de l’année du calendrier grégorien et, accessoirement, anniversaire de feu le Marquis de Lafayette, je dis ça, je dis rien rapport qu’il est décédé en 1834, donc c’est la pas la peine de lui envoyer une carte virtuelle avec des ballons fluos, il la recevra pas), j’ai participé à une petite sauterie avec quelques copines blogueuses.

J’avais déjà noté dans mon inconscient torturé qu’Alexiane avait un look bien à elle, un mélange de Provincialité à laquelle il faut ajouter un zeste de je ne sais quoi qui fait que cette fille, tu sais jamais dire si son allure est terrible, voire early adopter (mais alors vraiment borderline) ou complètement beauf.
Maintenant qu’elle commence à acheter des trucs un peu chers rapport au fait qu’elle a pas encore demandé d’augmentation mais que ça ne saurait tarder, ça va un peu mieux, car au moins, même si c’est moche et raté, au moins c’est de la bonne came !

Donc, m’est avis qu’elle pensait se rendre à une soirée costumée car elle a débarqué déguisée en hôtesse de l’air ou au sol, selon tes préférences en la matière, je te laisse le choix dans la date.
Sauf que c’était pas la thématique.
Donc, elle s’est ramassée, tu penses…

Tout de suite, là, aucun rapport, mais j’ai envie de te raconter un truc, donc je te narre et après je ferme la parenthèse.

L’hiver dernier mon amie A. était invitée à une soirée chez un animateur télé assez connu et quand ce dernier lui dit que le thème c’est de mettre un loup, cette conne elle lui a répondu « Ah ouais, c’est comme au bal masqué, la Compagnie Créole, tout ça, en fait » et lui, le mec, donc, de lui rétorquer « non, je voyais plutôt Eyes Wide Shut, en réalité« .
Ouais t’as vu le niveau et comment qu’elle s’est grillée ?!

Bref, moi, quand j’ai vu Alexiane avec son déguisement, je lui ai dit que pour Roissy, c’était pas la bonne direction.
Elle a ri.

Puis, à son (joli) corps défendant elle m’a rétorqué que, le matin, elle avait un petit dej « clients » au Bristol.

Règle n°1 : ne jamais chercher à se well looker quand on va dans un resto chic/bar d’hôtel, ça te colle direct l’étiquette « Provinciale qui se met sur son 32 pour aller à la Capitale », voire « Parisienne qui n’en est pas et qu’habite Porte d’Orléans rapport au fait que c’est plus rapide pour rentrer le ouikène chez ses parents, en Province donc ».

Quand on va dans ce genre d’endroit, c’est juste normal, voire on décale et on se low sape, histoire de montrer que faut pas nous la raconter et que ouais on a la fibre capillaire pas très nette, so what ?

Après, Solenne qui est toujours un peu fayotte sur les bords ajoute :
« elle est vachement bien ta chemise blanche, j’adore »
« oui, c’est toujours la même que je mets, en fait« , qu’elle répond, l’autre buse, au lieu de la boucler et que là ça fait vraiment pauvre fille. Non ? Si, hein ?

Et attends, c’est pas fini :
« Mais ce qui est chiant avec les chemises blanches, c’est que tu peux pas les mettre deux jours de suite, ça se voit que c’est sale… »
« Hein ???? » que j’ai abasourdi.
« Est-ce à dire que, quand la couleur est présente dans la fibre cotoneuse de ton chemisier, tu te le coltines deux jours d’affilée**« , j’ai demandé.
La réponse était affirmative, tu t’en doutes.

Règle n°2 : Changer de chemise tous les jours. Même si t’as pas l’impression qu’elle est sale, elle l’est quand même. C’est par respect pour toi-même que je dis ça.
Après si ça te gonfle parce que t’as pas assez de stock pour en changer tous les jours de la quinzaine (minimum), j’ai envie de te dire que t’as qu’à pas être pauvre, c’est pas mon problème.
Si la raison est que ça te gave de repasser de manière fréquente, même analyse que susdit, t’as qu’à prendre une femme de ménage qui repassera tes chemisiers, blouses et consorts.
What else ?

Tu l’auras compris, je vais bientôt clore ce billet sous peine de résiliation amicale imminente. Evidemment, j’ai d’autres règles à édicter, mais ce sera pour une prochaine fois, j’entends déjà la pluie d’injures clapoter sur mon écran de portable.

D’un sens, elle a de l’humour, elle nous a quand même montré les sorties de secours sans piper mot, lors de la célèbre séance où t’écoutes les consignes de sécurité…

 


**
Pour ta gouverne, « d’affilée » est encore une locution adverbiale. Peut être tu t’en branles, c’est sûr, mais y’a pas que les low boots et Chloé dans la vie. Y’a aussi des gens qui sont un peu bêtes et qui, en plus, n’ont pas trop d’argent.
Leur offrir un peu de grammaire chaque jour, c’est un peu comme si tu tendais la main à un enfant dans un pays en voie de développement.
Hein ?

*
T’as noté que le titre est d’une longueur effrayante et que le billet n’a aucun rapport avec Zadig et Voltaire ? C’est normal j’ai envie de te dire, c’est juste pour ajouter un mot-clef, rapport à google, tout ça, le référencement.
C’est moche. Je sais.

zéro*
Là, c’est ce que tu veux. C’est un peu open astérisque. Et vieilles dentelles. Nul. Je sais aussi.

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Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ou le mystère de la boule de glace.

Récemment, j’ai joué à la dînette avec des amies, à l’Hôtel du Nord*.

Je ne te fais pas de revue de presse sur les différentes thématiques de la soirée susdite, simplement parce que l’originalité n’était pas de mise.

Epilation semi-intégrale, débinage, geekeries variées, sexualité, migraine et c’est quoi tes chaussures elles sont topy, tel fût l’écheveau de nos discussions animées jusqu’à 1h15 du matin où, bizarrement, nous nous sommes mises à parler de Loïc Le Meur.

Cet évènement a sonné le glas, G. ayant très justement fait remarquer que lorsque on achève un dîner de filles en discutant du Monsieur, c’est qu’il était grandement l’heure de rentrer (et/ou on est complètement cassées). CQFFLa chose essentielle dont je veux te causer aujourd’hui, c’est que j’ai eu une vraie révélation ce soir-là.
Attends, plutôt, je te narre.

En regardant la carte des desserts, 3 personnes furent tentées par la brioche perdue avec glace au sésame blanc.
Non, je ne vais pas te demander qui tombe à l’eau sachant qu’on était 5, je ne suis pas folle au point de t’imposer des devoirs d’algèbre en pleine semaine.
La problématique était la suivante : 1 personne avait moyen faim, 1 personne n’aime pas la glace mais veut la brioche perdue, 1 personne s’en tamponne mais veut goûter la glace, qui l’intrigue (la glace, pas la personne vu que c’est elle-même, tu me diras on peut parfois être intrigué par soi-même, y’a pas de décret l’interdisant).
Pfff, ouais, t’as noté, en gros on est chiantes !Alors on a décidé de pas faire chier et de prendre un dessert pour 3 (non, on n’est pas pauvres, je te vois venir) et que après, on verrait suivant l’allure de l’assiette après consommation.
Bref, tout le monde y a trouvé son compte dans cette histoire sauf G. qu’a vraiment überkiffé la boule de glace au sésame blanc et qui a sentencé : « je vais reprendre juste une boule« .

Et c’est là qu’intervient la révélation dont je te parle plus haut dans la narration !

Parce que faudrait m’expliquer pourquoi, à chaque fois qu’on demande un truc à un serveur qu’est pas noté tel quel (locution adjectivale un peu désuète, je concède) dans la carte, ben il est en stress complet ?!

Rapport que là, G. a demandé « s’il vous plaît, est-ce que je pourrais avoir une boule ? » et le serveur il a interloqué sévère !
Attends, mais c’est quoi la problématique sachant que la boule, ils l’ont, vu qu’on vient d’en manger une (cf. plus haut si t’as déjà zappé).

Est-ce à dire que si tu dois dépareiller et plus spécifiquement décrocher la boule de la brioche perdue, y’a panique en cuisine ou bien ? Allo Jean-Pierre Coffe, ce serait pour un relooking extrême, y’a bordel dans l’institution, on me demande une boule !
Non, mais t’es vraiment barré tu sais ?Tu vois pas que c’est exactement la même chose quand tu commandes des mets du pays du Soleil Levant et que systématiquement tout le monde demande à changer ses brochettes car, entre nous, à quoi ça sert de filer 7 variétés différentes quand 6 sont dégueulasses ?

Quid des sushis tu me demandes ? Ben t’es con, pareil !
T’as jamais demandé un « tout saumon » ?

C’est à ce moment là que je me suis dit que les tenanciers des restaurants Japonais sont vraiment des tanches, coz’ que depuis le temps qu’on les emmerde à changer tous les menus, pourquoi ils ont pas refait la carte, sans déconner ???!!Pour conclure G. a eu sa boule. Gratos. Ouais, la classe…
C’est tout.

*Restaurant Hôtel du Nord

102, quai de Jemmapes

75010 Paris

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Le comble de l’inattention ? Prendre l’Edit de Nantes pour une Anglaise. (Marcel Proust)

Moi je dis qu’au lieu de débiner la perfide Albion depuis des années lumières, force est de constater que la langue de Harry (Windsor, pas Potter) nous permet bien souvent de nous la raconter et, surtout, de pas trop avoir l’air con lors de séances de shopping ou de discussions navrantes entre filles, sur la mode en général (ou trucs assimilés).

Pour imager mon propos, sinon on va encore partir je sais pas où et finalement y’aura pas de sujet, j’ai jeté mon dévolu sur quelques expressions, martelées semaine après semaine par les journalistes de la presse féminine, qui font que tu es devenu un as de la rhétorique sans t’en rendre compte, ce qui est plutôt pas mal, surtout pour la population dotée d’un QI de lapin nain.


1) Les low boots.

Toute jet/pas jet modeuse qui se respecte un tantinet sait que c’est la chose à dégainer rapidement cet hiver si tu veux en être.

Je passe sur la problématique d’en trouver des canons hors Paul & Joe Sister à 290 €. J’avoue j’ai quêté le graal… et je quête toujours !
Bref.

Là je dis un grand merci à Camilla et je te démontre pourquoi, juste dessous.

Est-ce que tu imagines une nanoseconde demander à la vendeuse décérébrée un truc du genre « Est-ce que vous auriez ces bottes basses en 38 s’il vous plaît ? »
Oui, tu as noté, ça le fait moyen !


2) L’allure Baby Doll

T’as remarqué comme moi, l’été dernier, qu’on aurait dit qu’on était toutes enceintes avec nos robes à la con, non ?
Je dis ça, je dis rien, je n’ai pas validé l’option. J’ai pas envie d’avoir l’air grosse alors que je suis bien gaulée, sinon c’est quoi l’intérêt, je t’interroge ?!

Donc, cet hiver c’est pas fini, c’est plus uniquement les robes, mais l’allure aussi, avec qui d’un manteau, qui d’un paletot qu’on te dit que ça fait Baby Doll, point barre.Thanx Elton J.

« Bonjour, je recherche une robe poupée de bébé dans les tons gris, vous auriez ou bien ? »
Encore, ici, t’aurais vraiment l’air d’une buse, je te concède.


3) le slim/skinny

Paraîtrait que c’est tout juste toléré cet hiver, rapport que c’est le pantalon large à taille haute qui est le futal to have.
Mais tu peux encore porter un slim/skinny, ça va, mais moi je te suggère de le garder pour quand tu fais tes courses à l’arrach’ ou bien quand t’as rendez-vous avec ton Ex, bref dans les moments de la vie où ça ne vaut vraiment pas la peine de faire des envolées modesques.Bien, once again, je te congratule Hugh G.
« Zut alors, ils n’ont plus de mince en taille 25 chez H&M !!! »
« T’es sûre ? Moi j’ai acheté un maigrelet dans celui qu’est rue de Rennes, il y a 3 jours ! »

Pfff, ouais, je sais…


4) Must Have

Là, je me gausse, t’as pas idée.
T’as noté que les journaleuses, elles disent plus trop « Must Have », direct ça fait suranné comme propos même si l’expression n’est pas encore arrivée dans les lointaines contrées du Gers.Dans le cas présent, je deubeule thank you David B.

« Dis Darling, est-ce que le cabas « Neverfull » de LV c’est toujours un Doit Avoir cet hiver ? »
Et là, ta copine qu’a lu Elle la semaine dernière et qu’a noté que faut absolument dire « Musty » dorénavant et jusqu’à nouvel ordre, de te répondre « Ah non, pas du tout, le moisi c’est le 233 SH by Paule Ka, sois pas lourde ! »Bon, on va pas y passer la journée, ne me remercie pas, je te ferai un petit complément d’objet direct sur le sujet dans l’hiver, ou avant d’ailleurs, car il n’y a plus de saisons…

Jacques Martin est décédé et ça te fait ni chaud ni froid sans déconner ??!!!

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