JE SAIS PAS

Encore des mots…

rifle-paper-co

Il y a 10 ans, sur les blogs, les filles racontaient des histoires. Je trimballais un petit carnet au fond de mon sac, pour prendre des notes, quand quelqu’un sortait un bon mot autour de moi, quand une fulgurance me traversait l’esprit, ou tout simplement pour noter une idée de futur article.

Maintenant, depuis des années, j’ai tout dans la tête (j’ai « musclé » mon cerveau, je crois), mais il arrive parfois, encore, que je note quelques trucs dans les notes de mon Iphone – mes sacs ont rétréci.

Aujourd’hui, il n’y a plus beaucoup de filles qui racontent des histoires, au sens strict. L’image a pris la place des mots, on se maquille sur youtube, on déballe ses cadeaux en live sur Snapchat et quand on poste un look sur un blog, on ne s’éternise pas ; on aligne trois ou quatre phrases à la syntaxe aléatoire (on s’en fiche, les marques ne lisent pas les blogs), et puis s’en vont.

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Baby you can drive my car

corrie-bond-car

Parmi les nombreuses choses auxquelles il a fallu me réhabituer en campanule – écrit la fille affalée dans son canapé du 18ème arrondissement -, il y a la caisse. Tout en haut du podium de mes angoisses.

Quand j’ai eu mon permis, à 18 ans, j’étais celle qui trimballait tout le monde en soirées étudiantes dans sa petite Golf verte métallisée (j’avais déjà un penchant pour le glitter, Joan Collins, et tout ce qui brille), affrontant la nuit, la pluie et tutti quanti des relouteries routières avec une insolente décontraction. Après 4 années à arpenter les routes de ma province, j’ai vécu un événement dramatique dans mon entourage – un accident de voiture pour dire les mots -, qui a paralysé toutes mes velléités de conduite. L’angoisse, des vraies crises d’angoisse, de panique, qui ont fini par me faire lâcher le volant définitivement (la peur d’avoir peur, vous voyez le serpent…).

Comme peu de temps après je suis arrivée à Paris, ça m’arrangeait bien : plus besoin de voiture à la capitale, c’était plié. Depuis cette époque et jusqu’à l’an dernier j’ai dû conduire deux ou trois fois, genre 2 minutes et toujours dans l’appréhension et le stress, même sur un parking. Pas très glorieux.

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It’s a new day

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J’ai parfois laissé entendre, à demi-mot, que l’année scolaire qui vient de s’écouler avait été assez compliquée. Sans entrer, encore une fois, dans les détails plus ou moins intimes, on a eu pas mal de problèmes avec la petite personne en noir et blanc, ci-dessus.

A un moment, j’ai presque failli lâcher l’affaire tant j’étais désemparée. Entre les convocations bi-mensuelles au collège par la Directrice (pas contente) ou un prof (pas trop lol non plus), une sorte de désamour à mon égard, des tensions quotidiennes, de l’insolence à tous les étages et des bulletins scolaires dignes d’un Brian, j’ai néanmoins tenu bon.

Depuis le mois de septembre, j’ai passé des après-midis entiers, au détriment de mon boulot, de déplacements divers et variés ou de rendez-vous pro plutôt importants, à essayer de lui expliquer des choses, à la pousser aux devoirs, à la fliquer parfois, rien n’y a fait. Son statut de « populaire » lui est très vite monté à la tête ; elle est devenue, au fil des semaines, une sorte de mini caïd du bahut… et du domicile familial.

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