Apatride

    

Ça fait presque un an que j’ai pris la décision de plus ou moins vivre en campanule normande. J’écris « plus ou moins », mais j’aurais pu dire « à peu près » ou « en gros ». En tous cas tout ça reste bien flou, parce que je continue de venir régulièrement à Paris deux jours par semaine en moyenne, où je loge dans mon appartement, dans mon autre « chez moi », donc.

Je ne vais pas à l’hôtel ou chez des amis, ce qui me permettrait de faire la culbute mentalement ; du coup j’ai souvent l’impression d’avoir le cul entre deux chaises. D’habiter partout et nulle part en même temps. Comme si je n’arrivais pas à quitter tout à fait mon Paris. Celui où j’ai construit ma vie d’adulte.
Mais, quand même, je sens un frémissement de plus en plus important. Je m’éloigne peu à peu de la capitale, comme si je tenais très fort la main de quelqu’un pour ne pas tomber et que chacun de mes doigts se desserrait un peu plus chaque jour (si ça se trouve je vais tomber du 8ème étage ?)(ça va être joli en bas, toute écrabouillée sous mes K-Jacques…).

Les + de la campagne s’accumulent – le calme, une grande maison, la slow life, le prix d’un canon en terrasse, les barbecues dans le jardin, les joies de l’automobile, le réveil avec le chant des oiseaux, les copains qui viennent le week-end, définitivement un vrai sentiment de liberté…

Les de Paris grandissent en même temps et m’agressent dès que je pose le pied à la Gare Saint-Lazare : la pollution, les appartements hors de prix où on étouffe et où tout le monde en arrive à ne plus pouvoir se supporter à cause de la proximité, le stress, le coût de la vie, la frénésie et cet « entre soi » que j’ai toujours adoré… et que j’ai du mal à supporter désormais.

J’avoue, ma vision idyllique de la campagne est un peu faussée en ce moment à cause de la jolie saison. Durant le week-end très chaud de l’ascension j’ai savouré chaque moment au vert, un rosé dans le jardin, un tour de vélo à la tombée de la nuit dans l’air doux du soir… Tout est tellement plus facile.
Moi la parisienne et l’indécrottable urbaine, je n’aurais pas pensé kiffer autant cette plénitude. Durant ce week-end, je me suis téléportée quelques instants à Paris, dans l’air suffocant et pollué, cherchant désespérément une place en terrasse où on m’aurait apporté, sans le sourire, un verre à un prix indécent…

J’ai souri sur mon vélo, j’ai pensé tout haut « Oh la la, quel pied ! ». L’amoureux m’a répondu « Je ne savais pas qu’il en fallait si peu pour te rendre heureuse » (oui bon, j’aime bien aussi les sacs Chanel)(et le petit-déjeuner au lit)

J’avoue aussi que, en hiver, ça n’est quand même pas tout à fait la même sérénade. Et que j’ai plus besoin de mon petit shoot urbain, d’une vie sociale plus importante et, paradoxalement, de bruit.
J’ai une copine qui me demande souvent et d’air un peu angoissé, à chaque fois qu’on se voit, « Mais qu’est-ce que tu fais là-bas ???!« . Je ne sais jamais trop quoi lui répondre – elle va finir par croire que la campanule est une couverture et que je travaille à la DGSE -, parce que je ne fais rien de particulier. Enfin, rien de si différent qu’à Paris, dans le fond. Mais surtout j’ai la grande chance de ne jamais m’ennuyer et même de rechercher, quelquefois, la solitude.

Au fond de moi, je sais qu’un jour j’arriverai à réaliser définitivement cette fameuse culbute du gris vers le vert. Et que les hivers confinée à l’isolement ne me pèseront plus. Aujourd’hui, je reste encore un peu le cul entre ces deux chaises mais comme j’ai grossi je suis beaucoup plus stable qu’avant. Foutue crème des normands !


Si vous voulez, une prochaine fois, je ferai une petite mise à jour de mon rapport à la conduite (je sais que ça en avait passionné plus d’une par ici). En attendant je vous dis quoi ? Et bien je vous dis arrivederci, parce que je pars en vacances dans les Pouilles demain pendant une semaine. Ah ouais carrément.


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34 commentaires

  1. Oh oui; #teamreginedeforges ici aussi ! Nos balades à vélo en pleine cambrousse font partie des grands bonheurs de ma vie ( surtout quand on peut allumer en douce l’assistance électrique dans les montées ). Dimanche, on a pique-niqué dans un champ d’olivier face à la garrigue; aucun restaurant n’aurait pu me rendre plus heureuse.

    Vivre dans la nature et passer mes vacances en ville, voilà mon combo idéal; ça tombe bien, je peux ainsi échanger ma maison pour en faire profiter des citadins en mal de verdure ( et d’arbouses à gogo ).

    Ah, les Pouilles, voilà qui me laisse rêveuse; dis, entre deux balades à vélo et dégustations de burrata, j’espère que l’amoureux te fera poser pour nous. Bonnes vacances !

    • violette dit :

      Oui, oui, je vais le persécuter jusqu’à ce que shooting s’ensuive ;)

  2. Anne dit :

    Quand j’étais petite, une vieille dame de mon village (au fond du Poitou, une autre campanule profonde) venait passer 6 mois dans sa maison de campagne, pendant qu’elle louait son appartement à Cannes. Et les 6 autres mois, elle les passait à Cannes. Alors, certes, Cannes n’est pas Paris. Mais elle semblait très heureuse ainsi. D’ailleurs, elle est encore en vie (et je ne suis plus si jeune, donc elle est vraiment âgée elle aussi). Je comprends bien ce plaisir de vivre à la campagne, mais ce besoin d’un peu de culture de temps en temps.

    • violette dit :

      Ma grand-mère a fait la même chose pendant 30 ans : 6 mois en appartement à Perpignan, 6 mois dans une grande maison à la campagne dans un bled paumé du centre de la France.

  3. jicky dit :

    j’adore toujours Paris pour y avoir vécu 10 ans et je l’apprécie d’autant plus en y revenant ponctuellement que je n’aimerais pour rien au monde revenir habiter au centre de… Toulouse! (compliqué, je sais…) :-)
    j’habite à l’écart, ds une semi campagne, et ds une maison: un appart, je ne pourrais plus…

  4. noisette dit :

    Je n’avais habité Paris que pendant mes études et avec 2 bébés,pas de téléphone,à l’époque il fallait 2 ans pour l’obtenir(je suis un dinosaure)et un mari faisant 18 mois de service militaire,je n’en n’avais pas du tout profité.
    C’est dire si maintenant,retraitée j’apprécie d’alterner entre Paris ou j’ai la chance d’avoir un petit appartement,et la campagne,selon le temps,l’humeur et les voyages de mon mari,je n’aime pas y être seule.
    Ce qui m’a frappé quand je travaillais c’est le nombre de patientes dépressives dont l’époux avait choisi de vivre dans leur résidence secondaire en grande banlieue chic, après leur retraite.
    Bref,si c’est financièrement possible,je trouve idéale cette possibilité d’alternance.

  5. Je trouve que tu es dans la situation idéale. Pourquoi choisir ? Tu n’as que les avantages des deux situations.
    J’adorerais faire la même chose avec Toulouse, que j’ai adorée quand j’étais plus jeune, mais au centre de laquelle je ne pourrais plus vivre. Quand j’y vais, j’en rentre saoule de bruit (et de fureur). Mais j’adore l’avoir là, pas si loin, pour y shoper, pour y sortir…

    • violette dit :

      Pourquoi choisir ? Parce que je n’aime pas avoir le cul entre deux chaises, de façon générale ;)

  6. Comme je comprends cette force intérieure qui te pousse vers là où tu n’aurais jamais mis les pieds avant, mais en grandissant (en mûrissant ?) j’ai l’impression qu’on s’exclame souvent « çà c’était avant ! ».

  7. DOMINIQUE dit :

    Sans vouloir appuyer là où ça fait mal, mais avec l’âge, on a envie de plus de calme, de douceur, de lenteur… J’ai quitté Paris à 43 ans environ, après 18 années de plaisir de vivre, mais je commençais à détester la foule, la bousculade, les embouteillages, les gens agressifs ou hautains.
    La campagne a bien sûr quelques inconvénients, mais je sais que j’ai fait le bon choix. Cette vie n’était plus faite pour moi !
    Déjà, quelle chance d’avoir eu le choix !!!

  8. Annouchka dit :

    Je pense que quitter Paris prend du temps et ta solution « d’entre-deux » me semble un excellent compromis. Ça arrive, les parisiens qui changent radicalement de vie et le regrettent ensuite (c’est rare mais j’en ai rencontré plusieurs). Tant que financièrement cela reste possible, tu as raison de prendre ton temps ! Moi je vis à Paris mais je n’ai pas l’impression d’y vivre, tant je reste dans mon quartier. Quitter Montmartre m’oppresse, j’accepte volontiers d’aller dans le 9ème et jusqu’aux Batignolles mais c’est tout ! Beaucoup trouvent ça un peu triste et me reprochent de ne pas profiter suffisamment des avantages de Paris mais j’en profite à ma manière quand même. De toute façon je ne suis plus capable de prendre le métro, je fais des crises d’angoisse :/ Je pense que même si je refaisais ma vie ailleurs, Paris me manquerait quand même toujours un peu… Mais j’espère malgré tout la quitter comme toi, un jour…

    • violette dit :

      Concernant le métro, je ne l’ai pas pris depuis 2012… pour les mêmes raisons que toi. Du coup tu vas en bus au bureau ?

    • Camille dit :

      Je me rends compte que nous sommes de plus en plus à faire des crises d’angoisse dans le métro…
      A 28 ans, je rêve de quitter Paris pour la campanule mais faute de famille/amis/amoureux en province, cela va devoir attendre encore un peu…
      Je vis en banlieue et même si c’est une bouffée d’air frais d’y retourner le soir et le week end, prendre les transports et l’attitude détestable des Parisiens me pèse de plus en plus.
      Ta maison normande a l’air absolument canon !!

  9. Jules dit :

    Parisienne d’adoption depuis 13 ans, ce changement de vie et d’habitudes me parle tellement ! D’autant quand tu as grandi en province, pour moi à 300 m de la mer …
    Prendre plus son temps, discuter avec les commerçants, ne plus être dans les bouchons/RER/métro blindés, gagner en qualité de vie, participer aux événements locaux. Les exemples ne manquent pas même si les hivers semblent parfois effectivement plus tristounes
    Reste le boulot qui me tient pour l’instant vissée à Paris, comme beaucoup de monde ! Comment on fait ? Snif
    Bon sinon les Pouilles c’est top ! Trani, Lecce, Matera … Profite des oliviers, de la bonne bouffe à se faire peter le bide, des soirées Limoncello & co

  10. Missbrownie dit :

    Puis un hiver au coin du feu, c’est doux également.
    Enfin j’espère que ta campagne n’est pas trop loin de la ville tout de même

  11. Mireille dit :

    Bonjour, je lis régulièrement et commente peu, mais en ce jour à marquer d’une croix blanche car :
    j’habite en Campanule
    Je pars dans les Pouilles en août (OK pas la meilleure période)
    L’année dernière c’était la Toscane et les Cinqueterre
    bref je mets mes pas dans les tiens (ou est-ce l’inverse? Sans le savoir suis je influente? ;-)
    Bonnes vacances et merci pour tes billets doux

    • violette dit :

      Les Cinque Terre sont une de mes cibles depuis de nombreuses années, donc oui tu ES influente. Respect et merci !

    • Mireille dit :

      chere Violette
      Déjà merci pour ta reponse. Ensuite je serai bien entendu preneuse de tous tes plans dans les Pouilles, surtout ceux oú l’on boit et on mange.
      Bonnes vacances

    • Mireille dit :

      ah j’oubliais le plus important : j’habite en Campanule normande, pas si loin de chez toi je pense. ;-)

  12. Made in Faro dit :

    Ahhhhhh comme je comprends ta situation !
    Pour ma part, je viens tout juste de franchir le cap et de poser mon préavis d’appartement. Je suis originaire de Boulogne sur mer et je vivais à Lille depuis presque 7 ans quand une ancienne connaissance m’a recontactée. Nous nous sommes tout de suite mis ensemble et ça fonctionne tellement bien qu’on aime énormément passer la majeure partie de notre temps libre ensemble, à Boulogne sur mer… Je suis quasiment tout le temps chez lui et il m’a proposé d’emménager ici. Du coup, je ramène mes affaires au fur et à mesure mais tant que je n’aurais pas quitté définitivement mon appartement, j’aurais encore ce sentiment de « je ne sais pas où j’habite ».
    C’est drôle parce que si on m’avait dit il y a 1 an, que je quitterais Lille pour revenir à Boulogne, j’aurais bien rigolé !
    Mais quand on aime, je crois qu’on peut vivre partout et que l’on n’a plus besoin des mêmes choses (de la même fréquence de sorties, des mêmes bars, des mêmes personnes,…).
    Bref, je comprends ce que tu ressens mais si tu quittes vraiment Paris, ce n’est pas réellement définitif : Tu peux y retourner régulièrement, prendre un hôtel ou aller chez une amie, comme tu le fais en ce moment mais en économisant un loyer ;)

    Bises Violette !

    Manon

  13. Annouchka dit :

    Ça dépend du temps dont je dispose mais oui, j’y vais soit en bus soit à pieds…. Dans ce cas, je marche longtemps (une grosse demi-heure) et termine le trajet en métro, il n’y a plus que deux stations. Mais c’est le max que je puisse faire. Si ça dure trop longtemps, je me mets à trembler et j’ai l’impression que je vais m’évanouir (c’est super handicapant mais j’ai un ami qui a le même souci et pourtant ça fait 15 ans comme moi qu’il vit ici…)

    • violette dit :

      J’avais les même symptômes, ça devient de « la peur d’avoir peur », c’est l’enfer. Ceci dit, je n’avais pas conduit depuis 20 ans pour les mêmes raisons et j’ai bien réussir à convaincre ces angoisses, alors je pense que c’est réellement possible de surmonter ça.
      En tous cas bon courage, je sais tellement comme c’est un enfer <3

  14. Aha dit :

    J’ai toujours rêvé de vivre dans une maison, avec un jardin, un chien, et des apéros dehors. Mais je vis dans un 70 m2 dans Lyon, boulot oblige.. Je ne m’y sens pas mal et je profite même beaucoup des avantages de la ville mais à la belle saison, ça repart : mon homme et moi, on étouffe, on voudrait un extérieur et de l’air.
    Heureusement on a une maison de famille à dispo dans le Jura à 1h30 ; on y va régulièrement (tous les week-ends ou presque) dès qu’il fait beau ; ca nous permet de tenir !
    Tout ça pour dire que je comprends tout à fait tes réflexions !

  15. HappyLilly dit :

    On en a déjà parlé je crois. Nous avons quitté Paname en avril 2016, presque sur un coup de tête puisque nous venions d’emménager dans un appart génial sur l’Île de la Jatte (ce qui était pour moi le fantasme absolu, pas pour l’embourgeoisement mais pour le côté île, la Seine que j’aime tant depuis ma vie rouennaise etc…). Début février 2016 est marqué, soudainement, par la possibilité d’aller vivre au Pays Basque et devoir prendre la décision en moins d’une semaine (les cartons n’étaient même pas défaits dans l’autre appart, nous venions d’acheter une cuisine etc…). On s’était toujours dit qu’on prendrait notre retraite au Pays Basque. (On aime tellement ce pays que nos potes nous appelaient « les basques » et certains collègues pensaient qu’on l’était).
    On s’est regardés, on a posé une journée, on est allés se balader dans Paname, c’était génial et puis on a dit « banco, on part ». Je flippais ma race (lui pas du tout), quitter Paname, mes habitudes, mes rues etc. Et chose con, depuis les attentats j’avais développé un lien encore plus étroit avec elle. « T’attaque pas ma ville, ok?! Tu m’entends terro?! Tu t’approches plus jamais ». J’avais le sentiment de la quitter au moment où elle avait le plus besoin de moi. (n’importe quoi)
    Mais, je commençais à avoir « peur » dans le métro, la rue, les magasins etc… Non, pas peur, mais vigilante.
    On est partis en bagnole chercher un logement. « Faire une virée à deux, tous les deux sur les chemins ». IL était content, je me demandais si je ne faisais pas une connerie (pro, perso etc). IL a mis « maybe tomorrow » (Stereophonics). J’étais émue. (suis con).
    Sur place, la taille des apparts, la taille des terrasses, la vue sur la mer ou les montagnes, le prix des loyers (enfin plein de « taudis » aussi, moches, salle de bain mauve avec des fleurs, je regrettais déjà notre appart neuilléen…). A chaque coup de flip (nombreux), IL me conduisait sans rien dire devant l’océan. « Descends ma chérie, descends, je t’attends ». Les embruns me giflaient les joues et « ok je sais pour quoi je suis là ».
    Bref, on est rentrés à Paname, on avait 15 jours pour tout fermer, clôturer, faire nos derniers au revoir aux endroits adorés. J’ai passé un temps fou à faire des photos, faire le plein de Paname. C’était violent de lui dire « je me casse, m’en veux pas ». (Je me fais sans cesse des films). Pas de pied à terre, non, LA rupture.
    On a vidé l’appart de la Jatte avec les déménageurs. Le mec de l’état des lieux ne passait que le lendemain. On a campé dans notre appart génial et vide. On est allés diner au resto. On a dormi face à la Seine.
    A Anglet, l’appart n’était pas dispo, on avait 1 mois de battement. « Cure de désintox de Paname »ont dit les copains et la famille. C’était étrange de passer un mois avec une valise pour 2. Dans toute la France, chez ma mère, chez les potes partis en Irlande, chez un autre copain parti en mission pro. Et puis l’appart livré le jour où IL reprend le taf et moi, seule, à réceptionner les cartons. Tsunami émotionnel. Ma soeur m’a dit « à partir de maintenant, tu es plus près de Madrid que de Paris ». C’était tellement bizarre. Presque brutal.
    Bref, on est allés chaque jour à la plage, IL est venu me chercher à midi pour aller déjeuner à la plage, on a acheté une plancha de luxe, on a planté des tomates, des fraises, des framboises, un citronier (tu comprends, 2 terrasses de 20m2 chacune. 2 terrasses, 2 ambiances!). Tous les matins, je regarde les montagnes depuis chez moi: plus jamais je ne pourrai m’en passer. « Viens voir, la couleur des montagnes aujourd’hui ».
    Je suis remontée à Paname plusieurs fois. La saleté, le bruit, la pollution, les prix, les gens… Mais rien ne me manquait en fait, moi l’urbaine! (une de mes craintes oui, j’avoue, était de ne pas pouvoir me saper!).
    Je me suis « embourgeoisée » (contre toute attente le bonheur domestique a pris de l’ampleur) et en même temps « rootifiée » (suis plus cool, bio). Je profite, slowly. On sort souvent dans un bar à vins prendre chacun un verre avec un saucisson et un pâté (de vrai charcutier d’ici), face à l’océan, en plein soleil (on se félicite du prix 14€!). On se balade et on se dit « fait soif, on prend un verre? », 1,20€ le kawa en terrasse, servi en souriant. L’hiver, il fait parfois tellement beau qu’on pique-nique de luxe sur la plage. Suis en short dès avril, jusqu’en octobre (ça fait sens ça pour moi). On n’a pas allumé le chauffage cet hiver. On porte quand même des bonnets, on a chopé le look surfeur malgré nous. IL s’y est mis d’ailleurs. Je n’ai pas quitté mes lunettes de soleil miroir de l’année.
    A chaque fois qu’on sort, qu’on bouge: le paysage m’émeut de dingue, « regarde! Mais regarde! ». Quand je vais courir le long de l’océan, j’ai un sentiment de liberté mêlé de bonheur. Un truc intense. Je ne suis pourtant pas basque (suis de Vendée – mi Vendée-mi Deux-Sèvres…). Maintenant, un an et un mois plus tard, je suis sûre d’une chose: aucun regrêt. Je n’ai jamais été autant à ma place. Nous avions toujours privilégié notre couple et notre boulot. Du moins, nous croyions. Là, maintenant, c’est NOUS, hic et nunc. Intensément.
    Pardon pour mon commentaire kilométrique.
    D’ailleurs, je dois te dire merci pour ces articles où tu parles de cette transition. J’y ai trouvé mon compte, tu as activé ma corde sensible à chaque fois. Et chose étonnante, j’ai aussi eu « écho » de mon expérience en suivant le déménagement de Garance Doré de NYC vers LA (la comparaison complètement surprenante!). Vos deux expériences faisaient vraiment sens en moi. (suis niaise, on est d’accord).

  16. HappyLilly dit :

    Oh mon Dieu, efface mon message ridicule tant il est long!
    :)

    • Mayoun dit :

      Ben non, on le garde ton message. C’est sympa de partager ses impressions…

  17. matinbonheur dit :

    Ex pure citadine, je flippais de quitter Lyon, j’ai cheminé avant de me sentir prête.
    Pour moi maison signifiait isolement. En fait c’est tout le contraire et les gens sont moins speed en campanule.
    Bon Ok je n’habite pas loin de la ville et ça me rassure mais petit à petit je m’y rend moins souvent.

  18. Mélanie dit :

    La semaine dernière je suis revenue à Paris que j’ai quittée depuis 5 ans pour habiter le sud. Je ne sais pas, c’est peut-être le reflet de mon propre changement ( entre 36 et 41 ans ) mais il m’a semblé que Paris avait changé. Que l’entre soi dont tu parles, le phénomène de gentrification était nettement plus visible. Je me suis baladée dans de nombreux quartiers, plus ou moins populaire et j’ai eu l’impression d’une jolie vitrine, mais sans l’authenticité que je trouvais avant.

  19. isa dit :

    Tout ça me laisse songeuse. Moi je reste à Paris, oh oui !

  20. Marie Claire dit :

    Pour moi qui réside dans une abbaye cistercienne en décomposition minérale à 58kms5 du premier commerce : une épicerie solidaire où l’on trouve un pain plié tous les trois jours donc pour les mouillettes faut aussi faire concorder les oeufs avec le premier jour de pain frais car après cela devient âpre en bouche, et puis pour le beurre il faut bien sûr tourner le lait soi-même, je suis même devenue une experte dans l’art de la baratte et je ne vous baratartine pas !
    Oui la campagne et le sauvage m’ont appelé aussi moi qui était une reine de la nuit des grands trottoirs des villes du monde, une des plus folle parisienne dont nous aurions pu penser mes talons drag et mes jupes paillettes totalement indémontable à ma personna … et ben les ronces, la fougères et les odeurs des terres puissantes m’ont happée dans d’autres robes paysannes et jupons bucoliques sous lesquels je puis vous assurer que la fête bat aussi son plein les soir de fest noz et les après midi de rigodon … pompon tu verras un jour viollete tu auras le popotin sur une bonne et seule vieille chaise bou diou et comme on dit cha nous ici « prends ben soin d’a tes varices … ! » belles Pouilles

  21. Marie Claire dit :

    excusez aussi les filles mes petites fautes d’ortho c’est la gniaule maison qui donne ça !

  22. J’adore la chute ! Sinon je suis un peu dans le même cas que toi. Freelance et indépendante dans ma vie de rédactrice, je promène mon Mac de Paris à la campagne. Et encore, Paris, pas vraiment mais la proche banlieue, donc avec un joli bois et une grande maison, mais ça n’empêche pas la pollution, le bruit, le prix…

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