Je vous ai pas raconté, mais il se passe des choses étranges. Je vous dis.
Alors que j’ai galéré toute mon adolescence pour que ma mère me prête (donne ?) des trucs de sa penderie, voilà que j’ai eu droit à un revirement de situation l’autre fois en campanule, là où l’air est frais et qu’on dîne à 19h.
C’est vrai qu’à 14 ans j’essayais désespérement de lui chouraver un ou deux carrés Hermès pour aller au collège – j’étais BCBG mais pas Néo comme on dit maintenant dès qu’on sort avec une pièce au coloris bordeaux, non, pour vous donner une idée j’assortissais mes polos Lacoste à mes chaussettes Burlington (ne dites rien, je sais) – bref elle ne voulait pas trop, de peur que je leur colle du stylo-plume dessus. Alors que les pressing existait DEJA en province ! Elle faisait bien des manières, la daronne.
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Sinon, j’ai 2 frères, 36 paires de chaussures, 27,80 € dans mon porte-monnaie et j’ai dormi 7 heures la nuit dernière. 685 personnes sont mes friends sur Facebook et je suis fière de mes 144 followers on Twitter.
Dans le tourbillon de la vie modesque, certaines ont des items de prédilection. D’autres tendent même tellement vers la collectionnite aigüe qu’on s’interloque si elles n’ont pas été traumatisées par la philatélie de comptoir familiale, où tonton Gérard (un peu bourré) exhibait fièrement, le dimanche du traditionnel poulet rôti, ses timbres de collection.
Vous savez, ceux qu’on propose de commencer une collection avec pour 3,90 € seulement with le fascicule offert (il y a aussi les chars de la guerre 14-18, mais là, c’est pour les initiés).
La presse grand public rend décidément la vie plus facile…
Je recentre.
Par exemple, ma mère c’est les carrés Hermès, ma meilleure amie de la faculté, la joaillerie made in place Vendôme (mon cercle intime est d’un bourgeois, c’est effrayant !), et moi, me direz-vous ?
Ce phénomène étant plutôt rare, je me devais, cher lecteur, de t’informer de cet évènement quasi planétaire, puisque désormais on se dit tout.
Croyez bien que je ne pouvais faire autrement parce que je supporte difficilement le string en fait ; j’ai vraiment l’impression d’être à poil sous mon jean et, ce n’est pas que je sois d’une pudeur maladive, mais ça me gêne à mort (dans le sens où c’est désagréable d’avoir une ficelle dans la raie des fesses).
Finalement, je crois que je préférerais être carrément à poil, au moins il n’y aurait rien pour entraver ma nudité !
Donc oui, je t’explique pourquoi j’ai dû mettre un string mardi pour aller à la méga soiréed’anniversaire de mon amie A.,fête où l’on se devait d’y être si on en est (tu suis ?), place to be mardi 8 mai donc, et pas sur les Champs où on organisait là un contre évènement mais qu’a pas marché du tout parait-il…
Autant te dire qu’il y avait big pression, d’autant plus que cette chienne avait insisté pour qu’on soit un minimum sapé, pour le fun…
Moi je me dis dans ma tête, ouais bon, m’en fous je suis toujours en Jean, les gens ont l’habitude, ‘toute façon j’ai la classe innée je pourrais aussi bien y aller en jogging’, mais je vais faire un effort !
Donc, je sélectionne 3 tops Marant (Isabel hein, pas dans le sens « rigolos » avec des inscriptions djeuns, non les filles je SAIS que vous connaissez Isabel Marant, je ne vous prends pas pour des oies, je précise juste pour les garçons) et je me dis, je vais opter pour un top ultra chicos Marant avec un de mes innombrables Jeans, des compensées, un maquillage un peu glam’, mon brushing Madonna, et zou, je suis une fée !
J’ai quand même demandé à mon amie A. si elle comptait mettre le chauffage sachant que seulement vêtue d’un micro top Marant, j’allais risquer la pneumonie.
Elle m’a répondu que non, mais que comme y’avait 40 personnes, on allait vite se réchauffer et que c’était très bien, j’avais qu’à juste mettre un Trench pour arriver, comme Charlotte Gainsbourg, quoi !
Je me suis dit qu’elle avait carrément raison, d’autant plus que je suis née le même jour qu’elle et que je suis aussi bronzée même gavée de gélules Oenobiol.
Sauf que lundi, minisushi a fait un teasing de malade, nous faisant baver, en nous disant « ayé, j’ai trouvé le Jean 70’s de Kate ! Il est trop bien…. » et donc complètement aveuglée par la folie compulsive qui m’habite quand j’ai envie d’un vêtement, je me suis dit vers 18h, il me le faut, sinon je meurs sur place.
Je l’ai trouvé, dans ma pointure (pas très dur, je suis tellement mince), avec la taille super haute comme on aime, j’étais ravie.
Sauf que, comme c’est un taille haute, il moule plus que de raison mes délicieuses fesses, et en voyant l’horrible marque de ma culotte dans mon psyché je me suis dit « Violette ça va pas être possible, ça casse complètement le mythe, le mystère autour de toi, tu dois mettre un string !»
C’est donc la mort dans l’âme que j’ai porté un des nombreux strings qui hantent le fond d’un de mes tiroirs, priant pour que le jean (neuf de surcroît) ne déteigne pas et que je ne me retrouve pas avec les fesses bleues en rentrant chez moi, tard dans la nuit, légèrement enivrée…Je me suis même dis que si je rentrais avec un mec, je garderai mon jean toute la nuit, on ne sait jamais…
Finalement, la soirée était tellement bien que j’en ai presque oublié mon string. Le Ruinart a coulé à flots et, comble du ravissement, j’ai croisé un de mes écrivains préférés dont j’ai adoré en particulier un livre que tu trouveras dans la book list, juste à gauche en descendant, plus bas.
Et là, tu te dis, « la vache, cette merdeuse a passé la soirée avec Simone de Beauvoir, me dis pas que c’est pas vrai », bien sûr non, l’écrivain en question est charmant, on a vachement discuter de piscines, de blogs et aussi il a posé une question essentielle à laquelle je n’ai sû répondre « mais qu’est devenu Vivian Savage ? ».
J’avoue que j’ai séché ; heureusement qu’un ami de A., ultra renseigné sur les chanteurs has been des années 80, nous a rencardé sur le fait que maintenant le dit Savage était restaurateur !
Si c’est pas du scoop ça, et rien que pour toi lecteur, avoue que je te gâte !
Sinon, j’ai chopé une angine (pas à cause du string hein, soyez pas cons) becauz j’ai discuté avec un charmant (jeune) homme, un peu trop près de la baie vitrée et que le micro top Marant, comme son nom l’indique, disons que ya pas des mètres de tissu quoi.
En plus, comme j’en étais à environ ma 24è coupe de champ’, je crois que j’ai du dire 2 ou 3 gros mots (mais toujours classe hein, ne crois pas que…) et que ça lui a fait peur un tel concentré de trash/glam dans une seule personne…
M’en fous, je dormirai avec mon carré Hermès cette nuit, à défaut d’un mec.
Pour finir, je vous révèle le über détail de la fin de soirée : le plateau de Ferrero, juré que c’est vrai, on sait quand même recevoir chez les gens qui comptent dans les médias non ?
Finalement, nonobstant le fait que je sois une fée, je suis rentrée seule, la fesse d’une couleur normale, tout va bien, sauf que j’ai songé dans le taxi du retour, sur la route, dala dala daladala, sur la route, que ça devait faire quand même au moins 1 mois que je n’avais couché avec personne. Le temps file, c’est terrible !
Après un joli week-end de Pâques où on a tous cru que c’était l’été mais en fait non pas encore ; où nous nous sommes laissées emporter par ce besoin évident de dénuder nos cous graciles, nos longs bras tout blancs, et pour les plus hardies nos jambes d’Adriana Karembeu, est venu le temps des remords.
Pourquoi n’avons nous pas emporté, dans notre sac 48h, notre bon vieux cachemire (pas celui pour faire les poussières, hein, l’autre !) ?
Alors, oui, vous sentez poindre, en ce mardi matin, un léger gratouillis dans la gorge, voire déjà les prémices de l’angine blanche qui, sournoise, va vous niquer la semaine en beauté.
N’ayez crainte, je suis là pour vous donner le remède qui 1) va vous guérir en une nuit, 2) va vous donner une classe folle malgré la maladie : dormir avec un carré Hermès !
En effet, depuis ma plus tendre enfance, ma mère m’a toujours conseillé, quand j’avais mal à la gorge, de dormir avec un foulard en soie. Ce qui est beaucoup plus naturel que l’amoxicilline quand on a une angine.
Bien sûr, à 8 ans, c’est elle qui choisissait le foulard.
N’oubliez pas que dans les années 80, on était toutes un peu cruches à 10 ans et que c’était encore nos mamans qui choisissaient nos kilts d’écolières.
Je veux dire par là, que c’était pas encore les années Star Ac, où on réclame le string strassé à 7 ans…
Moi, dès l’âge de 16 ans, les seuls foulards en soie que je possédais, c’était donc des carrés Hermès (oui, pardon).
Donc, j’ai pris très tôt la bonne habitude de dégainer le carré, le soir, dès que la sournoise angine pointait sa sale face et que je me disais que j’allais pas pouvoir fumer pendant une semaine avec tout ça et que ça n’allait pas être possible vu que y’avait boum le samedi, et qu’une boum sans cloper, autant pas y aller.
Croyez-moi, sur parole, vous allez me remercier plus tôt que vous ne le pensez.
Déjà, vous allez éveiller la curiosité de votre conjoint (ce qui est bien après tant de semaines/mois/années, où vous ne le surprenez plus du tout).
Je vous conseille, en outre, de dormir nue, seulement vêtue de votre carré, c’est beaucoup plus sexy, et ça tue le côté « Passy » de la chose.
Pour celles qui dormiraient seules en ce moment (mais je suis sûre que ce n’est que passager, allez, on ne pleurniche pas), ben, euh, c’est bien aussi pour l’ego !
Mais attention, hein ? On ne garde pas le carré pour aller bosser ! Et puis, pour celles qui ne posséderaient pas de vieux « Brides de Gala » de derrière les fagots, il vous reste les antibios ! Mais là c’est 5 jours ! Il faut faire des choix dans la vie !