Du vent dans les Kleenex…

    

On pourrait se contenter de dire que les seuls points communs entre « Du vent dans mes mollets » et « Camille redouble » sont Denis Podalydès, et une chanson de Barbara – au générique de fin du premier film, sortie d’un jukebox et chantonnée par les parents de l’héroïne au milieu du récit, dans le second.
Il y aussi que l’histoire se déroule à la même époque, les eighties, et que ces deux films sont empreints de tendresse, et forcément de nostalgie.

Si j’ai vraiment adoré « Du vents dans mes mollets », qui a raisonné longtemps dans ma tête, pour son intelligence, sa sensibilité et sa façon de survoler cette époque sans en afficher ses clichés – un clin d’oeil à la pub Banga (dans Banga y’a des fruits, juste c’qu’il faut) suffit à vous faire voyager dans le temps – j’ai moins aimé « Camille redouble ».
J’ai trouvé le film de Noémie Lvovsky maladroit et manquant souvent de rythme mais, paradoxalement, j’ai été scotchée par le jeu des acteurs – la comédienne ne tombe jamais dans la caricature même affublée de guêtres fluos et d’une mini-jupe à carreaux à plus de 40 ans – et surtout par sa mélancolie… la réalisatrice se disant « obsédée par ce qui ne reviendra plus » dans une récente interview à Télérama. Le sujet du film, a priori casse-gueule (une quadragénaire revit ses 16 ans dans son corps de femme), est pourtant bien traité et évite tous les écueils du grotesque, mais il manque pourtant quelque chose.

« Du vent dans mes mollets » est un film plutôt gai, plein de vie, bourré d’humour noir. Sa fin tragique a provoqué un torrent de larmes sur mes joues. Je les ai laissées couler de plus belle en restant assise dans la salle pendant le générique de fin, où Barbara vous achève avec Mon enfance. Clairement, il y a 15 jours lors de la sortie du film, c’est ma corde sensible de « maman » qui a été touchée.
« Camille redouble » a du mal à démarrer. C’est un film beaucoup plus sombre malgré des moments plutôt drôles et un 33 tours de Wham gisant sur le sol de la chambre de Camille (j’étais croc love d’Andrew Ridgeley quand j’avais 12 ans, pardon my idoles), et je crois que Noémie Lvosky n’a jamais su choisir entre comédie et drame. Le cul entre deux chaises, c’est la faille. In my opinion.

Malgré tout, j’y suis encore allée à fond les ballons dans les longs sanglots (si ça se trouve j’ai des problèmes hormonaux en ce moment ?). L’émotion a atteint son paroxysme quand Camille reçoit de ses parents, pour son anniversaire, une montre Casio. J’ai définitivement cramé mon paquet de Kleenex quand elle enregistre la voix si douce de sa mère (Yolande Moreau, exceptionnelle), qui lui a terriblement manqué dans sa vie d’adulte.
Chialer pendant un film ne prouve pas que ce dernier soit bon, mais malgré les flottements du scénario et les trop nombreux allers-retours entre les sourires et les larmes, on ne peut définitivement pas le démonter non plus. Hier, c’est ma sensibilité de petite fille qui a été malmenée.
Est-ce qu’avec le temps on reste la même personne, se demande Noémie Lvovsky ? Définitivement oui.

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24 commentaires

  1. Lza dit :

    J’ai vu Camille redouble aussi hier soir. Je suis d’accord avec toi, quelques longueurs, quelques flottements, un choix pas fait entre comédie et drame mais malgré tout de la grâce, des supers acteurs et de l’émotion. Je risque d’en faire une note !

  2. violette dit :

    Lza : Tu as vu du vent dans mes mollets ? Si non, COURS-Y, c’est un ordre !

  3. muriel dit :

    J’ai également vu « Du vent dans mes mollets » avec mon fils de 10 ans qui a adoré, il n’a pas arrêté d’en parler. Je l’ai beaucoup aimé aussi, comme toi j’ai pleuré à la fin, comme toi, j’ai ri beaucoup, ai chanté sur la pub Banga à côté de mon fils atterré « la honte, ma mère chante dans la salle » !! Je me tâte encore à aller voir « Camille redouble », les critiques sont très bonnes mais j’hésite…

  4. ... dit :

    Je n’ai encore vu ni l’un ni l’autre, mais je n’y manquerai pas.
    Mais je pense que drame et rire peuvent bien se marier. Dans « Le premier jour du reste de ta vie », je suis passée du rire aux larmes, et j’ai juste adoré. Mais bon, je ne sais pas si la comparaison est bonne étant donné que je n’ai pas vu les films cités ci-dessus.

  5. wilfing machine dit :

    J’aurais jamais cru dire ça à qui que ce soit un jour mais… tu as été ma rivale, j’étais moi aussi en pâmoison devant Andrew Ridgeley. (Qui s’est maqué avec une des Bananarama, le salaud). (c’est dingue les conneries que je peux savoir, des fois ça m’épate. Enfin, façon de parler)
    (Oui, comme d’habitude, je suis hors sujet mais comme je ne sais rien de ces deux films et qu’Andrew passait par là, je n’ai pas pu m’empêcher d’intervenir, mea culpa)
    (aujourd’hui, distribution gratuite de parenthèses)

  6. Aline dit :

    J’ai vraiment eu du mal avec Camille redouble.
    J’ai trouvé ça très long, ennuyeux et ça m’a même parfois mis mal à l’aise.
    Ces ados décérébrés ne pensant qu’à coucher, sans aucune conscience politique, sans analyse de leur société, sans aucune réflexion sur le monde…
    J’étais un peu plus curieuse que cela à leur âge et mes amis aussi.
    Par contre, oui : très bons acteurs.

  7. Val Làô dit :

    Pas trop aimé Du vent dans les mollets vu justement hier soir avec les filles de 12 et 14 ans (mais ai chanté Banga aussi !). Bonheur surjoué j’ai trouvé. Oui j’ai ri, et pleuré aussi. Mais heureusement Isabelle Carré, heureusement… Pas encore vu Camille, j’hésite vraiment…

  8. violette dit :

    muriel : Ma fille est dans sa période « la honte » aussi. L’autre fois, elle m’a sorti que « c’est trop la honte que je sorte mon parapluie dans la rue alors qu’il ne pleut même pas beaucoup »…

    … : Tu n’as pas tort, c’est un peu n’importe quoi mon argument car c’est très juste de parler du premier jour du reste de ta vie qui mélange les rires aux larmes avec intelligence (j’ai adoré ce film).

    wilfing machine : Je crois que je suis comme toi à me souvenir des gossips pourris car je savais qu’il était maqué avec une des Bananarama. Mais il a pris chéro le Andy : http://withfriendship.com/images/g/32371/Andrew-Ridgeley-picture.jpg

    Aline : Oui enfin moi à 16 ans je ne suis pas sûre que j’étais très concernée par la politique et la société, hein.

    Val Làô : Oh la la, moi j’ai trouvé que c’était tellement juste !

  9. wilfing machine dit :

    Ouh là oui ça fait mal ! Je vais donc m’en tenir à mon autre fantasme de jeunesse (Steve Mc Queen), au moins là, aucun risque de mauvais surprise…

  10. missYsa dit :

    Bon ben voilà, j’ai vu Du vent dans mes mollets hier soir, j’ai pleuré avant, prévenue, histoire d’économiser pendant…perdu, il a fallu refaire la fontaine au milieu…
    J’ai adoré la sensibilité, la justesse, la tendresse, la nostalgie, le jeu des acteurs…. Le chéri a moins adhéré, forcément, mais il a quand même apprécié que je passe 1h30 blottie dans ses bras, ce qui arrive rarement devant Spiderman même au pire moment de suspense insoutenable.

  11. Anneso dit :

    J’ai détesté (non mais détesté quoi!) Du vent dans mes mollets alors que tout le monde adore! (enfin,les critiques sont quand même très mitigées mais bon,les vrais gens adorent).Si j’avais été seule je serai partie avant la fin tellement tout me sciait les nerfs,les clichés,les bons sentiments qui font semblant de ne pas être des bons sentiments mais qui en sont carrément,les personnages stéréotypés ,la fausse impertinence ok,ok,c’est bon j’arrête!!!

  12. Lza dit :

    Non, pas vu du vent dans mes mollets, pas trouvé de compagnon de séance pour celui-là, tant pis, si c’est comme ça et que tu le dis, je vais y aller toute seule !!

  13. marie dit :

    j’ai vu « du vent dans mes mollets » et j’ai beaucoup aimé le film, l’ambiance, la délicatesse et la joie aussi j’ai trouvé que la fin dramatique et tire-larme était bien inutile et bien plombante. Vraiment dommage! Pour faire passer la nostalgie du temps qui passe et les souvenirs solaires de l’enfance, il eut suffi que la gamine déménage, comme cela arrive si souvent, et qu’il y ait un épilogue, genre 15 ans plus tard, elles se retrouvent par hasard au bureau de la sécu…bref…
    je n’ai pas encore vu « camille redouble » et j’en ai fort envie. Quand j’ai vu la bande-annonce au ciné, je me suis immédiatement dit, « ouh là, l’idée de base du scénario est exactement celle de « peggy sue s’est mariée » de coppola…j’espère que Noémie va faire fort pour transformer cette histoire en la sienne. mais je suis et apprécie Lvovski depuis de nombreuses années, j’ai confiance…
    dans le genre « remember, c’était nos 80’s », ce dimanche, je suis allée revoir au grand Rex le E.T version originale de 82, celle-là même que j’ai vu au cinéma quand le film est sorti, j’avais…enfin j’étais enfant quoi! Chef d’oeuvre à juste titre, 30 ans après, toujours aussi émouvant!

  14. cloum dit :

    je pleure des rivières dès que je regarde des photos de mon enfance, alors imagine moi au cinema devant un film qui traite de ça, de moments qu’on ne revivra jamais ….
    je n’ai pas encore vu ces films, mais autant « du vent dans mes mollets » me tente, autant « Camille redouble » ne me dit absolument rien à vrai dire..
    ça dépendra du temps des prochains jours!
    mais merci pour cette petite revue :)

  15. Fillenrose dit :

    Merci de cette critique moins « dithyrambique » de partout sur Camille redouble…

    Si effectivement le jeu des actrices et acteurs est à souligner, j’ai été gênée par la réalisation assez théâtrale qui au final, donne parfois l’impression que le film piétine, s’enlise…
    J’ai aimé retrouver ces années là, la bande son, je n’ai pas du tout aimé la fin…

    Quant à du Vent dans Mes Mollets, là, j’ai adoré : le jeu des petites filles, la mère compliquée, la voisine radieuse, le père hésitant, je suis entrée dans cet univers dès les 5 premières minutes et j’en suis sortie en pleurant. Ce film rejoint les « fétiches français » de cette année avec Les Adoptés…

    Et le Skylab ? vous avez aimé ? on y retrouve Noémie Lvovsky dans une interprétation (d’antologie) de Dalida et dans la série, Nostalgie quand tu nous tiens…

  16. Marie dit :

    En ce moment, j’ai la larme (ultra) facile, alors je vais m’abstenir des deux en attendant que ça aille mieux :)

  17. Chris dit :

    Pas encore vu ces 2 films. Si j’y vais et me connaissant, ce sera donc avec la provision de mouchoirs. Ayant vu la bande annonce de Camille redouble, j’ai l’impression que Yolande Moreau y est extraordinaire.

  18. violette dit :

    wilfing machine : tu as raison. Steeve est une valeur sûre.

    missYsa : Ah c’est cool ! Ca fait du bien du chialer au ciné, personnellement ça me « vide ».

    Anneso : Non mais, non mais, c’est pas possible. Je n’ai pas vu les clichés et j’ai vraiment adoré.

    marie : Même si la fin, c’est vrai, est un peu facile dans le sens où on tire les larmes des spectateurs comme dans un bon vieux melo US, je trouve qu’elle tombe comme un couperet. Et ça, c’est pas si ordinaire que ça.

    cloum : Moi qui suis d’un naturel nostalgique, tu imagines la maso hein !

    Fillenrose : Ah voilà ! On a le même avis ! Je ne comprends pas non plus les critiques dithyrambiques et unanimes au sujet de Camille redouble. J’ai trouvé « du vent dans mes molets bien meilleur ».
    Le Skylab, j’ai bien aimé sans plus. Mais j’ai un problème avec Julie Delpy depuis toujours.

    Chris : Ah oui, Yolande est brillante !

  19. Le vent dans les mollets tu le sens seulement si tu es mal épilée….

  20. vinsh dit :

    Du vent dans mes mollets, très mignon, oui. Pas encore vu Camille redouble, mais assez envie aussi. Si je chiale, je considère que c’est bon, moi. Très subjectivement et sans que ça veuille dire que le film est « objectivement » bon, mais franchement, en matière de cinéma, fions-nous en priorité aux avis plutôt qu’aux critères…

  21. Anna dit :

    Nan mais c’est surtout que ce film que tout le monde encense n’est autre qu’un plagiat du film qui a bercé ma jeunesse « Peggy Sue s’est mariée » !!! C’est un scandale !

  22. vinsh dit :

    @Anna : apparemment la référence est reconnue et assumée par la réalisatrice.

  23. malou dit :

    J’ai vu les deux. Quand j’ai lu ton billet, je n’avais vu que Du vent … et j’ai aussi été malmené dans les deux films. Du vent … m’a beaucoup plus touché que Camille mais à la réflexion, il y a des choses dans Camille qui sont plus dures à encaisser finalement.
    Je suis dans un trip, nostalgie et je ressens exactement ce que ces deux films ont essayé de montrer. Je n’ai qu’une envie, enregistrer la voix de mes proches. Même si j’enfonce des portes ouvertes, on n’est rien sur cette terre mais c’est malheureusement vrai. Cet apr!s midi en voyant Camille redouble je me suis souvenue de mes 16 ans : ce que j’écoutais, portais, chantais … et cela m’a pris aux tripes. L’adolescence fut une période très difficile (le changement toussa toussa) mais je crois que c’est une période que je « regrette », j’y repense avec nostalgie. Maintenant que j’enseigne, cela me fait d’autant plus drôle quand je vois mes lycéens – c’est globalement une belle époque.

  24. violette dit :

    malou : Je comprends parfaitement ce que tu écris. Je suis tellement nostalgique de cette période moi aussi, même si avec le recul tout n’était pas si simple.

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