JE SAIS PAS

Baby you can drive my car

corrie-bond-car

Parmi les nombreuses choses auxquelles il a fallu me réhabituer en campanule – écrit la fille affalée dans son canapé du 18ème arrondissement -, il y a la caisse. Tout en haut du podium de mes angoisses.

Quand j’ai eu mon permis, à 18 ans, j’étais celle qui trimballait tout le monde en soirées étudiantes dans sa petite Golf verte métallisée (j’avais déjà un penchant pour le glitter, Joan Collins, et tout ce qui brille), affrontant la nuit, la pluie et tutti quanti des relouteries routières avec une insolente décontraction. Après 4 années à arpenter les routes de ma province, j’ai vécu un événement dramatique dans mon entourage – un accident de voiture pour dire les mots -, qui a paralysé toutes mes velléités de conduite. L’angoisse, des vraies crises d’angoisse, de panique, qui ont fini par me faire lâcher le volant définitivement (la peur d’avoir peur, vous voyez le serpent…).

Comme peu de temps après je suis arrivée à Paris, ça m’arrangeait bien : plus besoin de voiture à la capitale, c’était plié. Depuis cette époque et jusqu’à l’an dernier j’ai dû conduire deux ou trois fois, genre 2 minutes et toujours dans l’appréhension et le stress, même sur un parking. Pas très glorieux.

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It’s a new day

babe

J’ai parfois laissé entendre, à demi-mot, que l’année scolaire qui vient de s’écouler avait été assez compliquée. Sans entrer, encore une fois, dans les détails plus ou moins intimes, on a eu pas mal de problèmes avec la petite personne en noir et blanc, ci-dessus.

A un moment, j’ai presque failli lâcher l’affaire tant j’étais désemparée. Entre les convocations bi-mensuelles au collège par la Directrice (pas contente) ou un prof (pas trop lol non plus), une sorte de désamour à mon égard, des tensions quotidiennes, de l’insolence à tous les étages et des bulletins scolaires dignes d’un Brian, j’ai néanmoins tenu bon.

Depuis le mois de septembre, j’ai passé des après-midis entiers, au détriment de mon boulot, de déplacements divers et variés ou de rendez-vous pro plutôt importants, à essayer de lui expliquer des choses, à la pousser aux devoirs, à la fliquer parfois, rien n’y a fait. Son statut de « populaire » lui est très vite monté à la tête ; elle est devenue, au fil des semaines, une sorte de mini caïd du bahut… et du domicile familial.

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La chouette

une chouette dans la maison

L’autre soir, tout d’un coup, on a entendu des bruits dans la chambre des enfants en Normandie. Au début je n’ai pas relevé. Si vous devez faire attention à toutes les étrangetés de la vie à la campagne, vous finissez comme une héroïne de Scream, à gueuler comme un putois, les yeux exorbités d’effroi, au moindre bruit suspect ou à l’apparition d’une araignée à deux centimètres de votre tête.

Depuis plusieurs mois, je prends sur moi, même si depuis que j’ai découvert deux énormes araignées dans mon placard à fringues, je scrute chaque culotte pendant de longues minutes avant de l’enfiler, des fois qu’un spécimen velu se cacherait dans la couture et vienne à grimper dans mon anatomie (je préfère même pas y penser sinon je fais un malaise arachnophobe, je vous préviens).

Donc l’autre soir on entend des bruits et personne ne bronche. Au bout d’un quart d’heure, je dis quand même à l’amoureux Mais y’a quand même des bruits dans la chambre non ? Il répond que Oui y’a bien des bruits bizarres et un peu étouffés et qu’il va voir de quel bois il se chauffe (on a une cheminée).
Et puis, c’est là que de l’intérieur de la chambre il me crie : C’est rien, c’est une chouette !
Comment ça une chouette, je demande, une chouette genre hibou ?
Oui, oui, il me crie, viens-voir comme elle est mignonne (?,!!!%) !

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