CYCLAMEN’S SHOW

La bio Instagram chez le préado

violet grantham

Chez les préados, sachez-le, la bio Instagram compte énormément (plus que les maths, j’entends).
En général, elle suit un canevas assez précis : le prénom du préado, le nom de son collège et sa classe.

Ça donne ça : « Fleur-Citrouille, 6ème 4, Saint-Exupery en force ! ». Oui, ils ont déjà un côté assez chauvin par rapport à leur établissement, c’est mignon.

Ensuite, ils écrivent les prénoms de leurs potes, suivis d’une légende pas du tout excessive et très réaliste.
Avant ça donnait un truc comme : « Nina, Miqueline, Aglaë, Ninon, Guenièvre… Mes amours » Ou bien, variante : « Nina, Miqueline, Aglaë, Ninon, Guenièvre… Mes BFF pour la vie »
Si pour Beigbeider l’amour dure 3 ans, en revanche, chez eux, l’amitié pour la vie dépasse rarement la semaine. Mais peut-être que c’est un mode de calcul du temps différent du nôtre, un peu comme pour définir l’âge des chiens ? A creuser.

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Populaire

2008

Il y avait pourtant eu moult gens pour me prévenir, Tu verras en 6ème tu les perds, point barre (ambiance mauvaise augure à la française). Je ne savais pas trop sur quel pied danser alors, mais maintenant je sais. Je ne danse sur aucun pied. Le temps n’est plus à la Carmagnole ni aux valses de Vienne (j’hésite entre Sissi et François Feldman pour cette dernière référence, on verra plus tard) ; non, le temps gronde, il est orageux même. Il va finir pas me déclencher un nervous breakdown face aux humeurs de ma toute fraîche collégienne.

Ça a commencé dès le deuxième jour au collège – moi qui flippais qu’elle se sente bien seule (la cruchonne que je faisais là) – quand, en rentrant en fin de journée, j’ai eu l’audace de lui demander quels cours elle avait eu ce jour-là. La réponse fusa, de ce ton excédé qui signifie bien certainement « Fais pas chier la daronne », mais laissez-moi encore le doute m’habiter un peu : « Mais j’en sais rien moi, des cours quoi. » (??!)(ah bon, tu es sûre ?!)

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Zéro de conduite

Rose

Cette petite personne va entrer en 6ème la semaine prochaine. Je vous le dis comme je le pense, ça m’angoisse un peu.

Je ne vous parle même pas de la tonne de livres à recouvrir – je connais ma dextérité légendaire, en 32 heures et 6 soirées dédiées je vais te boucler tout ça -, ni des fournitures scolaires, achetées religieusement, au crayon HB près, il y a déjà une dizaine de jours (je penche dangereusement du côté de Bree Van de Kamp, adieu le #punk), ni du fait que ma progéniture n’est pas tout à fait du genre scolaire – à 7 ans déjà, elle avait tout compris de la notion de minimum syndical.

Je ne vous parle même pas de son entrée dans un collège où elle ne connaîtra personne – vive la carte scolaire (connards). Elle-même m’a rassurée sur ce point, d’un air excédé, en me disant qu’elle avait une technique infaillible pour se faire des copines en une journée. Je n’ai pas osé m’attarder sur les subtilités de ce stratagème ; j’ai quand même bien peur qu’elle achète leur amitié à coups de chaussures achetées gratuitement chez Sarenza par sa mère, ce soleil des Internets (moi). Je serai sévère, je suis contre le vol, même dans la sphère familiale. Et le fait que je pioche allègrement dans sa tirelire quand il me manque 1,80€ pour faire l’appoint au tabac n’a strictement rien à voir. C’est un prêt. Non remboursable.

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